Le 8 septembre 2026, j'ai proposé, appuyé par ma collègue Marie Sterlin, conseillère du district du Mile End, ainsi que par l'ensemble des personnes élues du Plateau-Mont-Royal, une résolution demandant aux partis politiques provinciaux et à leurs candidat·es de présenter un plan de réduction de la consommation de pétrole au Québec, notamment celui issu des sables bitumineux. Elle a été adoptée par le conseil d'arrondissement, à quelques semaines de l'élection générale québécoise de 2026.
Les changements climatiques représentent une menace croissante pour la santé, la sécurité et la qualité de vie de la population, notamment par l'augmentation des épisodes de très forte chaleur, des feux de forêt, des inondations et des événements météorologiques extrêmes. Le Québec s'est pourtant doté d'objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et leur atteinte nécessite une diminution importante de la consommation de combustibles fossiles.
Le Québec a choisi de mettre fin à l'exploration et à l'exploitation des hydrocarbures sur son propre territoire. Mais dans les faits, il a aussi augmenté ses acquisitions de pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta, de même que ses exportations de carburants pétroliers vers les États-Unis. Or, l'extraction du pétrole des sables bitumineux produit davantage d'émissions de gaz à effet de serre que plusieurs sources de pétrole conventionnel, en plus d'avoir des impacts environnementaux beaucoup plus importants — sur les milieux naturels, les ressources en eau et la biodiversité — ayant causé la dévastation de milliers de kilomètres carrés d'écosystèmes.
Le transport de ce pétrole par oléoduc comporte aussi des risques bien documentés pour les milieux naturels, les cours d'eau et les sources d'eau potable. Le bitume dilué peut couler dans l'eau douce, ce qui le rend extrêmement difficile à nettoyer, et le benzène provenant des déversements de pétrole est cancérogène, pouvant nécessiter l'évacuation de centaines de milliers, voire de millions de personnes en cas de déversement majeur. Le réseau qui transporte le pétrole des sables bitumineux jusqu'à Montréal traverse le Minnesota, le Wisconsin, le Michigan et l'Ontario, faisant peser des risques sur le bassin versant des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent — une fuite pourrait menacer l'eau potable de millions de personnes en Ontario et au Québec. En 2010, la rupture au Michigan d'un oléoduc de ce même réseau a provoqué le déversement terrestre de pétrole le plus important de l'histoire des États-Unis, avec des coûts de nettoyage dépassant le milliard de dollars. Pas moins de 28 organisations de la société civile québécoise ont d'ailleurs appelé les gouvernements à mettre hors service la ligne 5 d'Enbridge, le tronçon central de ce réseau d'oléoducs.
L'élection générale québécoise de 2026 constitue une occasion de débattre des moyens permettant de réduire la dépendance du Québec au pétrole, notamment celui des sables bitumineux. C'est pourquoi le conseil d'arrondissement a résolu de demander aux partis politiques provinciaux et à leurs candidat·es de présenter à la population des engagements clairs et un plan crédible à cet effet — un plan qui précise les mesures envisagées pour réduire, voire éliminer, la dépendance aux sources de pétrole les plus intensives en émissions de gaz à effet de serre. La résolution a été transmise aux principales formations politiques en vue de l'élection provinciale.
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Séance du conseil d'arrondissement du 8 septembre 2026
Dans les médias
- Élections provinciales : le Plateau souhaite que Québec fasse sa part — Mon Plateau, 17 septembre 2026